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Natalia SEDYKH (D662-RUS) - Bons baisers de russie

Les dessous de la fusée russe, ou comment une concurrente aux abords rugueux se révèle plus tendre lorsque l’on s’y attarde.

Natalia SEDYKH (D662-Rus) ne paie pas de mine : elle ne diffère guère des autres concurrentes qui viennent d’en terminer avec cette 31e édition du MARATHON DES SABLES. Pourtant cette femme est une athlète de haut niveau, et après sa troisième place l’année dernière sur l’épreuve, elle empoche cette année la victoire.

D’abord distante, calme et réservée, elle se révèle petit à petit, et nous parle de ses débuts dans le sport, en Russie : « À 16 ans, je suis tombée amoureuse d’un garçon qui faisait du 110 mètres haies. Je voulais le voir tous les jours. Alors j’ai décidé de faire de la piste. Au début je ne pouvais même pas courir plusieurs tours de 400 mètres parce que quand j’étais enfant on m’avait interdit de courir à cause de problèmes de santé. Mais j’ai persévéré et progressivement augmenté les distances. Alors j’ai commencé à m’entraîner vraiment dur. Si tu en rêves, tu peux le faire.»

Elle s’est d’abord concentrée sur le sprint, puis les distances plus longues. Elle admet être devenue plus qu’une pistarde, et affiche un record sur 10 km de 33 mn 54 s. Mais Natalia est faite de paradoxes : « Je n’aime pas les évènements extrêmes. La vie en Russie est suffisamment extrême. » Son niveau a fortement augmenté il y a 5 ans, quand l’entraîneur Serguei Popov a découvert son potentiel. Elle était toujours une pure sprinteuse à l’époque, et après une période de blessure, elle a décidé de se lancer sur marathon : «Je ne suis pas une coureuse professionnelle, en fait je suis une coach. Mon record sur marathon est de 2 h 46 mn l’année dernière.»

Natalia se définit comme une femme ordinaire, et souhaiterait avant tout voyager, rester en bonne santé, et peut-être se marier, avoir une famille et cuisiner de bons petits plats. «Mon père est conducteur de trains et ma mère couturière. J’aimerais m’en sortir et aider mes parents financièrement. Ils croient en moi, et je ferai de mon mieux pour eux.»

Quand on évoque sa troisième place de l’année dernière, elle sourit, estimant qu’elle était venue en parfaite « touriste », mal préparée. Cette année, elle a déménagé à Dubai deux mois avant la course. L’entraînement y est compliqué – les femmes courent voilées – mais au moins elle a pu s’adapter en partie à la chaleur.

Ce changement de cadre a dû porter ses fruits vu sa domination écrasante cette année. La question, c’est : est-ce que cette femme qui n’aime pas l’extrême reviendra en 2017 ?

D662