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Pascal JANIAUD (D256-FRA) - Du Molière dans le désert

Sans complexe, Pascal JANIAUD (D256-FRA) ose le grand écart entre la bonne bouffe française et les vers de Molière, tout ça au milieu des sables marocains…

« Je suis traiteur, mais ici ça ne sert à rien... » Le ton est donné dès le début avec Pascal JANIAUD (D256-FRA) : on va se marrer… « Hier soir j’ai fait des pâtes à la bolognaise, c’est original pour un coureur hein ? Bon j’aurais pu essayer de déshydrater de l’andouillette, mais il y a un tas de savants qui ont étudié des trucs spécialement pour le sport, et c’est génial. Et puis bon l’andouillette je ne suis pas sûr que ce soit top pour le MDS… »

Pascal court beaucoup, surtout du trail. Et dès que c’est possible, il prend la poudre d’escampette : « Je pars tout le temps, en août dernier j’ai fait la TDS (Sur les Traces des Ducs de Savoie, Ndlr), et cette année je ferai l’UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc, Ndlr). Je crois que la montagne, c’est plus facile qu’ici. »

Ce qu’il trouve de plus dur ? La gestion du matériel, et de toutes ces petits choses indispensables à la vie du marathonien des sables, comme sa crème solaire qu’il a perdue avant notre entrevue : « J’ai paumé ma crème, ça peut être mortel. Tu cherches tout le temps un truc, genre ta brosse à dents que t’as coupé en deux et qu’est tout au fond de ton sac… »

Sous la tente, personne ne se connaissait avant de venir ici, et pourtant la mayonnaise a vite pris : « Je savais que ce serait facile de rencontrer du monde ici. Pour le reste, c’est génial, t’es dans le désert, tu cours, c’est magnifique. Tu ne penses qu’à toi, on te dorlote, t’as un problème on te met un pansement, tu cours, tu rentres à la tente, tu te fais à bouffer, tu discutes, tu dors… C’est top. Peut-être un peu égoïste, mais top. »

C’est un livre qu’il tenait entre les mains qui nous a attiré vers Pascal ; il nous explique pourquoi il l’a emporté : « C’est Les femmes savantes. Je voulais en apprendre des tirades pour lire à ma femme, mais je n’ai pas pris mes lunettes, ça limite… C’est magnifique, tout en vers, je sais que Molière ce n’est pas le dernier écrivain à la mode mais c’est extraordinaire. » Son rêve ultime : pendant l’étape longue (aujourd’hui), se poser à la nuit tombée au milieu du désert, se faire à manger et lire une page de son livre.

La femme de Pascal a aussi pensé à son époux, puisqu’elle lui a offert un minuscule carnet d’une dizaine de grammes sur lequel elle a écrit une phrase par jour. La prose d’hier était : « Un tas de pierres cesse d’être un tas de pierres dès qu’un seul homme le contemple avec en lui l’image d’une cathédrale. » Une famille de poètes !

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